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Equipe technique ONAM
Equipe technique ONAM

Zoom sur les activités du terrain

 

Le mois qui vient de s’écouler n’a pas été de tout repos pour les différentes équipes des projets en Guinée « Santé Pour Tous » et « Appui au Plan National de Développement Sanitaire » ! Il a en effet connu la tenue de pas moins de 13 Assemblées Générale Constitutives (AGC) pour différentes mutuelles de santé. « Personnellement ce fut des moments forts et captivants  dans notre métier d’appui/conseil  », écrit Ablo, ATM de l’ONAM.

 

Toutes ces mutuelles de santé ont le même objectif : faciliter l’accès  à des soins de qualité pour la population guinéenne. Et pourtant, chacune a et aura des particularités fortes. La parole revient aux équipes de terrain, qui ont appuyé l’organisation et la tenue de ces AGC et nous livrent leurs sentiments :

 

Dans la préfecture de Labé :

1) Dans la Commune urbaine de Labé (SPT), c’est la MUSEL qui a vu le jour, la « Mutuelle de Santé des Enseignants de Labé ». Qualifiés par les autorités locales présentes de « pionniers », le groupe d’enseignants volontaires qui s’est impliqué dans la création de cette mutuelle de santé a été vivement remercié, et l’ensemble du corps enseignant présent issu du primaire, du secondaire et du professionnel a été invité à adhérer. Particularité de cette mutuelle ? Elle envisage un paiement fractionné des cotisations par le biais d’un virement bancaire automatique, comme les enseignants, fonctionnaires, voient leur salaire viré en banque. Ce serait une première en Guinée !(Témoignage Julie)

Ce qui m’a plus marqué, c’est leur motivation, leur courage et les engagements qu’ils ont pris pour la bonne marche de leur mutuelle. Ce qui différencie cette mutuelle des autres, c’est qu’elle ne couvre que les enseignants et leurs familles, et en tant que fonctionnaires, il y aura moins de problèmes. (Témoignage KadiatouPethé)

 

Dans la préfecture de Pita :

2) Dans la Commune urbaine de Pita (SPT), c’est une mutuelle communautaire urbaine, qui regroupe en son sein toutes les couches socioprofessionnelles de la commune urbaine de Pita, qui a été créée suite à l’échec d’une autre mutuelle [soutenue et suivie par un autre opérateur en Guinée], mais partout les populations affichent la volonté d’adhérer à une mutuelle : elles disent qu’elles n’étaient pas consultées, si non la mutuelle précédente n’allait pas fermer. Le Maire également dit ne pas vouloir perdre cette mutuelle comme la précédente et affiche, avec ses conseillers, la volonté de sensibiliser les communautés pour que la mutuelle réussisse. Avec une réelle sensibilisation, la présence de la radio rurale et l’accessibilité des quartiers aux structures de soins, on a l’espoir que la mutuelle peut bien réussir. (Témoignage Samba)

Selon moi, d’une manière générale, l’AGC s’est bien passée mais avec beaucoup de choses à améliorer tel que la représentativité des délégués, le choix d’un lieu approprié pour la tenue de l’AGC (juste à côté des fenêtres, des personnes jouaient au damier et criaient), la couverture médiatique et le mode d’élection des membres des organes (le COPIL avait déjà présélectionné la liste des élus au niveau de chaque organe et les participants ont approuvés cette liste). Néanmoins le niveau des débats était appréciable et aussi il y avait une participation active des membres du COPIL qui justifiait leur appropriation des notions et des principes de base de la mutualité. A noter qu’un mutualiste a témoigné sur la solidarité en faisant allusion à la religion : il dit que « même Dieu a dit dans le Coran que celui qui aide son prochain à se soigner quand il est malade, il lui réserve une grande récompense donc la mutuelle de santé est une bonne manière, mes frères ». (Témoignage Lamine)

 

3) Dans la Commune rurale de Donghol Touma (SPT), l’AGC pour cette mutuelle communautaire a connu une très bonne participation des communautés, qui ont posé beaucoup de questions. Tous les districts étaient présents, ce qui d’ailleurs a facilité le choix des membres du Conseil d’Administration et du Conseil de Surveillance. La spécificité de cette mutuelle, c’est que  la communauté s'est associée aux prestataires de soins [dont le chef de centre de santé a longtemps collaboré avec la MUGTM à Timbi Madina et apprécié la mutualité alors] pour demander l'appui pour la mise en place de la mutuelle, ce qui a joué un grand rôle pour le choix du site. Cette mutuelle augure de l’espoir partant de l’engagement du chef de centre de santé et du dynamisme et de l’enthousiasme qui ont caractérisé l’AGC.(Témoignage Samba)

 

 

Dans la préfecture de Gaoual :

4) Dans la Commune urbaine de Gaoual  (APNDS), la mutuelle communautaire en création a connu une grande mobilisation grâce au communiqué de la tenue de l’AGC rédigé au nom de Monsieur le Préfet de Gaoual, ce qui reflète toute l’importance que celui-ci a apporté à l’activité. Il y avait une ambiance dans la salle avec une sonorisation et  la musique dès le matin qui a attiré un beau monde à la maison des jeunes. Au cours des débats, beaucoup de questions ont été débattus (mutualité, prises en charge, gestion, etc.), mais c’est la question des critères d’éligibilité, notamment le caractère apolitique, qui a suscité beaucoup plus de discussions et a permis de retenir que les personnes qui sont considérés comme politiciens (représentants des partis politiques, candidats aux élections législatives ou communautaires/communales) ne sont pas éligibles. Séance tenante, les inscriptions ont commencé par le secrétaire général chargé des affaires administratives et Madame le maire, qui ont présidé l’AGC et les autres membres ont suivi pour obtenir le droit d’élire et d’être élu dans le Conseil d’Administration et le Comité de Surveillance.  (Témoignage Mamadou Dian)

 

5) Dans la Commune rurale de Koumbia (APNDS), il s’agit d’une ancienne MURIGA à redynamiser, devenue mutuelle communautaire. Ceux qui ont participé en octobre dernier au voyage d’échange avec les mutuelles de santé fonctionnelles soutenus par le projet Santé Pour Tous ont lancé dès leur retour des campagnes de sensibilisation pour l’adhésion des communautés à la mutuelle et ont pu bien argumenter durant l’AGC sur le choix d’un montant de cotisation suffisant afin d’assurer à la mutuelle un minimum de sécurité financière et de faciliter l’atteinte du seuil de démarrage. Les échanges ont permis aux participants de mieux comprendre les principes de la mutualité, ses avantages et de permettre de procéder à des adhésions séances tenantes avant l’élection des membres du Conseil d’Administration et du Comité de Surveillance. Le vice maire a été élu Président du Conseil d’Administration de la mutuelle, dans lequel ont également été élus le sous-préfet adjoint et chaque président de district. (Témoignage Mamadou Dian)

 

Dans la préfecture de Koundara :

6) Dans la Commune urbaine de Koundara (APNDS), c’est la MUSACOB (Mutuelle de santé Communautaire du Badiar) qui a fait l’objet d’une redynamisation. Le niveau de maitrise et de préparation (distribution des taches et rôles de chacun) de l’AGC par le COPIL était vraiment intéressant. Il faut noter l’implication personnelle de Mr le Maire de la Commune notamment en se chargeant d’informer toutes les autorités de Koundara, en responsabilisant deux chefs de quartiers dans la préparation de la restauration, en présidant la journée de l’AGC, en modérant et en manageant l’organisation des élections des organes. Aussi, Mr le Maire séance tenante a été montré l’exemple en s’inscrivant avec 7 personnes à charges derrière à la mutuelle de santé. Ce qui m’a aussi marqué de plus, c’est le fait que l’ensemble des acteurs présents lors de l’AGC avaient le même souci d’éviter à cette mutuelle naissante l’échec qu’a connu dans la cité la MURIGA : les participants étaient avec un souci de réussite pour cette nouvelle mutuelle en élisant des élus crédibles, tenant même compte de la présence dans les organes des représentants de l’ensembles des ethnies de la localité. (Témoignage Ablo)

 

7) Dans la Commune rurale de Sareboidho (APNDS), les défis étaient grands pour la MSCDB (Mutuelle de santé Communautaire DemballèlBoiro), étant donné une certaine méfiance des populations à adhérer car il y eu auparavant 2 échecs d’initiative de mutuelle de santé : une mutuelle initiée par un particulier et une MURIGA. Il s’agit d’une communauté relativement plus aisée que les autres compte tenu de sa position frontalière (Sénégal) et du fort développent du commerce. Aussi la mutuelle a un très bon siège sur un immeuble au centre-ville de la commune rurale (immeuble appartenant à l’actuel ministre de l’Environnement qui est ressortissant de la localité). Dans cette localité, compte tenu de sa grandeur en termes de superficie et de nombre de district (14 au total), il y a eu beaucoup d’élus dans les organes (Conseil d’Administration de 28membres) et cela grâce au fait que les districts se sont imposés et ont exigés la parité dans l’ensemble des organes de gestion ; ils ont eu comme argument de ne pas tout le temps laisser la gestion de chaque initiative locale aux communautés du centre de Saréboidho seulement. (Témoignage Ablo)

 

8) Dans la Commune rurale de Guigan (APNDS) pour la MSCG (Mutuelle de santé Communautaire de Guguan), il y a eu une forte mobilisation de l’ensemble de la communauté : tous les districts ont été représentés, et du coup lors de l’élection du Conseil d’Administration, tous les districts avaient un représentant. La particularité c’est que c’est la mutuelle qui a enregistré le plus de bénéficiaires inscrits le jour de l’AGC séance tenante avec 28 adhérents pour 45 bénéficiaires inscrits. Le constat c’est que vu l’engouement, vu la forte participation et vu la forte implication des autorités, cette mutuelle pourra être l’une des plus importantes dans la zone. (Témoignage Ablo)

 

9) Dans la Commune rurale de Sambaillo (APNDS), la MSCS (Mutuelle de santé Communautaire de Sambaillo) a porté à la tête du Conseil d’Administration et du Bureau Exécutif une femme (c’est la seule mutuelle qui ait fait ce choix). Aussi il faut noter que compte tenu de sa proximité avec le Sénégal, beaucoup d’habitants ont une connaissance de la mutualité : certains « aventuriers » sont adhérents à des mutuelles du Sénégal. Cela pourra être, avec la volonté affiché des populations, un facteur pour pousser la mutuelle de l’avant. (Témoignage Ablo)

 

Dans la préfecture de Telimele :

10) Dans la Commune urbaine de Telimele (APNDS), la communauté a connu plein d’initiatives qui ont échouées par le passé et elle ne veut plus subir la même chose : il n’y avait pas de MURIGA dans la CU, mais la communauté est au courant de leur échec, et elle a en plus connu une mauvaise expérience sur une mutuelle des enseignants (échec). Ainsi, il a fallu vraiment les convaincre des avantages des mutuelles de santé, ce qui a été fait par les autorités (représentant du DPS), qui ont tenu un discours rassurant allant dans le sens de soutenir cette belle initiative, de faciliter et d’accompagner la mutuelle à sa réussite. Cette mutuelle de santé est celle qui a choisi le plus haut niveau de cotisation dans la préfecture de Telimele, à cause de la proximité avec l’Hôpital préfectorale. (Témoignage Lamarana)

 

11) Dans la Commune rurale de Sinta (APNDS), il s’agissait d’une mutuelle à redynamiser. Il y avait en effet une MURIGA, réputée la plus efficace de toutes les MURIGA de Telimele qui avait déjà pris en charge quelques membres et dispose encore aujourd’hui d’un compte bancaire au Crédit Rural de Sinta. Mais à l’image des autres MURIGA, elle a cessé de fonctionner à cause du manque d’appui et surtout à cause de la décision du Président de la République de rendre gratuits les soins obstétricaux. Dans cette communauté, 4 districts ont réclamé des postes de responsabilité, donc il y avait un échange plus intense qui a poussé l’Assemblée Générale à prendre en compte leur revendication. A Sinta, ils ont également « libéré le rossignol (lagayeendu en pular) de pousser des cris » en demandant à un griot de la localité de participer à la sensibilisation pour les inscriptions, ce que ce dernier se dit très à l’aise de faire !(Témoignage Lamarana)

 

12) Dans la Commune rurale de Brouwal (APNDS), malgré les méfiances liées à l’échec des MURIGA, la proximité avec le FoutaDjallon fait que certaines personnes de la communautéétaient informées del’existence de mutuelles de santé qui fonctionnent bien à Labé et Pita, ce qui a donc permis de convaincre les autres. Cela a été renforcé par la grande participation et le témoignage du Président d’une autre mutuelle de santé appuyée par le projet APNDS, la Mutuelle de Mbundu Cellal de Sarekali. On note également la forte implication des autorités locales pour la réussite de la mutuelle de santé. La communauté s’est montrée préoccupée de la suite et du suivi de la mutuelle de santé – ainsi, une personne de l’assistance a dit : « quand tu plantes un arbre, il faut l’arroser pour qu’il produise bien. C’est la même chose pour la mutuelle : pour qu’elle soit viable, il faut continuer d’adhérer, que chacun assume ses responsabilités et qu’il y ait un bon suivi ». (Témoignage Lamarana)

 

13) Dans la Commune rurale de Sarekali (APNDS), la communauté n’avait pas connu par le passe d’expérience sur la Mutualité. La forte implication du représentant du Maire, la grande capacité et maitrise du sujet par les membres du COPIL dans l’animation, ainsi que la promesse des ressortissants de payer les cotisations des familles dans certains districts, font que cette mutuelle de santé a un fort potentiel, malgré une mobilisation moyenne de la communauté. Au cours de l’AGC, on note de la réclamation du poste de vice-président par un district a suscité des débats houleux (entre les représentants du District de LeyLegguel et le ceux du District de SaréMawoundé), mais qui a été résolu. Pour faire allusion au fait que les élus de la mutuelle de santé doivent être les premiers à y adhérer afin de pouvoir être crédibles pour aller convaincre la communauté d’y adhérer à son tour, un personne présente a utilisé la métaphore suivante : « pour aller sensibiliser les gens de ne pas fumer, il ne faut pas y aller avec la cigarette à la bouche ». Espérons que l’image aura marqué les esprits et fonctionnera !(Témoignage Lamarana)

 

 

Le directeur d’ONAM, Korka, qui a coordonné l’ensemble de ces activités de longue haleine (l’AGC d’une mutuelle se prépare en 6-8 mois, afin de réaliser toutes les activités du cycle, à savoir étude d’opportunité, étude de faisabilité, constitution et formation des membres du COPIL, préparation et tenue de l’AGC, formation des élus de la mutuelle, etc.) exprime toute sa satisfaction à ce que son organisation se soit impliquée activement dans la création de ces 13 mutuelles de santé se trouvant dans 5 préfectures différentes, avec leurs réalités différentes : « ces activités ont contribué fortement au renforcement des capacités individuelles et collectives de l’ONAM », écrit Korka.

Collectivement, ONAM est devenu plus réactive sur la mise en œuvre des activités : beaucoup d’activités prioritaires ont été réalisées en un temps record avec plus de complémentarité et de cohésion dans une fluidité remarquable. Individuellement, cette phase a permis chacun de s’exercer plus que d’habitude sur plusieurs aspects qui sont entre autres (i) technique à travers la mise en œuvre en concert du processus métier création mutuelle à mainte reprise ; (ii) managérial par l’organisation et la gestion d’un volume d’activité plus important quantitativement et qualitativement dans un dispositif de partenariat multi-acteurs et multi-projets, avec plus de responsabilisation de l’équipe.

A la question, « qu’est-ce que cela a apporté à ONAM ? », sa réponse est multiple. Il cite :

-          un renforcement de la cohésion de l’équipe (équipe plus nombreuse, permutation et complémentarité fluide)

-          un renforcement de compétences techniques et managériales

-          une diversification de partenariat et de relations (les autres opérateurs du projet APNDS et les communautés qui ont fait l’objet d’études d’opportunités et de faisabilité)

-          une prise de confiance et de conscience d’ONAM [jeune ONG, créée fin 2011], et plus d’espoir dans son développement : l’équipe est convaincue d’avantage qu’elle est capable d’apporter une grande contribution dans le développement de la protection sociale en Guinée et que tout dépend de la volonté et de l’engagement de chacun de nous [élus et membres de l’équipe technique d’ONAM]

-          une reconnaissance au niveau national d’ONAM, à travers une communication à grande échelle, des rencontres d’échanges sur l’état d’avancement du projet APNDS à Conakry et au niveau local par la mise en œuvre des activités sur une zone de couverture plus importante.

(Témoignage Korka)

 

 

A chacune de ces mutuelles de santé à présent de réussir leur campagne d’inscription et de prendre leur envol !

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